Au Japon, le suicide de la catcheuse Hana Kimura incite la justice à sévir contre le cyberharcèlement

LETTRE DE TOKYO

Le Japon va sévir contre le harcèlement en ligne, en menaçant d’envoyer ses auteurs derrière les barreaux. Un groupe de travail du ministère de la justice a formulé fin octobre une proposition dans ce sens. Actuellement, l’injure publique, ou bujoku, est passible de trente jours de détention ou d’une amende de 10 000 yens (76 euros). Les nouvelles peines prévoiraient jusqu’à un an d’emprisonnement ou une amende de 300 000 yens. La prescription serait portée d’un à trois ans.

Le ministère a entamé une réflexion à ce sujet après le suicide, en mai 2020, d’Hana Kimura, catcheuse et personnalité de la télévision victime de cyberharcèlement durant son passage dans l’émission de téléréalité Terrace House, diffusée sur Netflix et la chaîne Fuji TV. Ce suicide avait suscité de vives réactions dans tout le Japon. « Nous devons tous lutter contre l’idée selon laquelle on peut dire ce que l’on veut à des personnes soi-disant célèbres », avait réagi Emika Mizukoshi, autre participante à Terrace House ayant aussi fait l’objet de commentaires désobligeants. « Si vous critiquez quelqu’un, vous devriez vous exprimer en utilisant votre vrai nom. Je pense qu’il devrait y avoir des sanctions sérieuses pour de telles calomnies », avait tweeté l’ancien premier ministre Yukio Hatoyama.

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« Je sais que dans la vraie vie, il y a beaucoup de gens qui me soutiennent. Je peux donc comprendre que mes agresseurs en ligne ne soient que des exceptions. Mais si vous ne pouvez pas penser de manière positive, comme je l’ai fait, vous pouvez facilement croire que tout le monde vous hait », avait de son côté déclaré au quotidien Nihon Keizai Shimbun Toshiyuki Niino, acteur ayant aussi participé à Terrace House.

« Une centaine d’attaques chaque jour »

Quelque temps avant de mettre fin à ses jours, Hana Kimura avait écrit sur son compte Instagram qu’elle subissait « une centaine d’attaques chaque jour », ajoutant qu’elle en souffrait et qu’elle ne voulait plus être « un humain ». Dans un ultime message, elle a partagé une photo d’elle et de son chat avec le message : « Je t’aime, aie une vie longue et heureuse. Je suis désolée. »

Les attaques contre elle s’étaient déchaînées après une altercation avec un membre masculin de l’émission. « Tu as une personnalité si affreuse, ta vie vaut-elle la peine d’être vécue ? » et « Hé, hé. Quand vas-tu mourir ? », a pu lancer l’un des harceleurs, par la suite identifié et condamné à une amende de 9 000 yens.

Les attaques n’ont pas cessé après sa mort tragique. Un internaute a été condamné en mai à 1,29 million yens pour diffamation. « Votre mort fait plaisir à tout le monde. Merci » et « J’aimais Terrace Housemais ce programme est annulé à cause de votre suicide. Allez au diable », avait-il écrit sur Twitter.

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