COP26 : la société civile dénonce un événement « pour VIP »

« C’est la COP la moins inclusive que j’ai connue et j’en ai connu huit ! », a lancé d’emblée Dorothy Grace Guerrero, de l’association Global Justice, au début du sommet sur le climat, le 1er novembre. Cette frustration était toujours très présente à l’issue d’une frénétique première semaine de négociations, pour les milliers d’observateurs, membres de délégations et représentants de la société civile qui ont convergé à Glasgow (Ecosse) pour faire entendre leur voix.

Lire aussi Article réservé à nos abonnés COP26 : après un tourbillon d’annonces, la crédibilité des nouveaux engagements en question

De gros problèmes d’organisation ont rajouté au stress d’une conférence hors norme – 30 000 personnes accréditées, venues d’au moins 120 pays différents, des dizaines de tables rondes, conférences de presse ou ateliers pédagogiques simultanés. Les participants ont dû patienter quotidiennement pendant plusieurs heures, sans aucune distanciation physique possible, pour entrer dans l’unique enceinte du Scottish Event Campus, un espace de conférences sans âme le long du fleuve Clyde. La réponse des organisateurs, le gouvernement britannique, au désagrément ? Un mail d’excuses, et des conseils : « En cas de mauvais temps, munissez-vous d’un vêtement approprié. »

Encore plus rude : Karine Elharrar, la ministre de l’énergie israélienne, n’a pas pu accéder à la COP, lundi, les organisateurs ayant refusé que la voiture qui conduisait cette responsable politique se déplaçant en fauteuil roulant entre dans l’enceinte de la conférence. A l’intérieur de cette dernière, il a fallu aussi faire la queue partout. Notamment aux stands de restauration, où les cafés sont facturés 3 livres sterling (3,50 euros) et la portion de soupe cinq livres – des frais qui grèvent les budgets les plus serrés, déjà très éprouvés par les prix délirants pratiqués sans scrupule par nombre d’hôteliers et de loueurs privés sur la plate-forme Airbnb le temps de la COP26.

Lire aussi Article réservé à nos abonnés A la COP26, les Etats les plus vulnérables réclament que les pays pollueurs payent pour leurs dommages climatiques

Contraintes sanitaires

Certains ont même taxé Glasgow de « sommet pour VIP » – on y a croisé le prince Charles, l’acteur Leonardo DiCaprio, ou le patron d’Amazon, Jeff Bezos. Dimanche 31 octobre, le MailOnline a comptabilisé au moins 52 jets à l’aéroport de Glasgow. « Cette COP est un événement de relations presse, une célébration du business comme d’habitude », a tancé l’activiste Greta Thunberg, lors de la manifestation pour le climat qui a rassemblé des milliers de jeunes dans les rues de Glasgow, vendredi 5 novembre.

Le gouvernent britannique s’est défendu en invoquant les contraintes sanitaires liées à la pandémie de Covid-19 : « Il s’agit de la plus grande conférence jamais organisée par notre pays », a plaidé Alok Sharma, le président de la COP26. « Les lieux sont vastes, mais nous avons dû drastiquement limiter le nombre de places dans les salles de réunion, à cause du coronavirus », s’est justifiée Patricia Espinosa, secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.

Il vous reste 34.01% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

We wish to give thanks to the author of this post for this outstanding web content

COP26 : la société civile dénonce un événement « pour VIP »

Mozart Dinner Concert