Derrière la richesse d’Elon Musk, l’action de la Fed

Cela a été l’attraction du week-end : Elon Musk, l’homme le plus riche du monde, a proposé à ses abonnés sur Twitter de vendre 10 % de ses actions Tesla, seul moyen pour lui de payer des impôts puisqu’il ne touche aucun salaire de la firme de véhicules électriques. Trois millions et demi de votes plus tard, 59 % des tweetos demandaient au dirigeant de céder ses actions, ce à quoi il s’est engagé.

Il y a d’abord là une manœuvre habile : M. Musk feint de se faire forcer la main, au nom de la vertu fiscale. Le premier actionnaire de Tesla (17 % des actions évaluées 200 milliards de dollars, soit 173 milliards d’euros) s’apprête surtout à vendre au plus haut des titres dont la valeur a été multipliée par quatorze depuis le début de la pandémie de Covid-19, en mars 2020, et a progressé de moitié en un mois.

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Cela n’est pas absurde si l’on a besoin d’argent (éventuellement pour lever des stock-options). D’ailleurs, c’est ce que son frère Kimbal a fait juste avant le week-end, en encaissant près de 110 millions de dollars. En outre, la taxation des plus-values à long terme est aujourd’hui de 23,8 % aux Etats-Unis, mais cela ne devrait pas durer, le Congrès se préparant à l’augmenter, avec un effet immédiat, peut-être avant les fêtes de Thanksgiving, fin novembre.

Politique de surchauffe permanente

L’affaire tombe à point nommé. Sauf qu’elle a fait chuter l’action Tesla, qui a essuyé un recul de 15 % en deux jours, le marché craignant un afflux d’actions d’Elon Musk. Ce dernier s’y attendait ; son message subliminal est politique : taxez les milliardaires, et la foule des petits investisseurs sera perdante. Un pied de nez au projet démocrate combattu par M. Musk – et désormais enterré – de taxer les plus-values latentes des milliardaires, ce qui les aurait conduits à vendre une partie de leurs actions.

Le problème reste majeur. Selon les révélations du site ProPublica, en juin, la fortune du PDG de Tesla s’est accrue de 13,9 milliards de dollars entre 2014 et 2018, mais il n’a déclaré, sur cette période, que 1,5 milliard de revenus et versé 455 millions d’impôts, essentiellement en 2016, année où il avait exercé des stock-options. En 2018, il avait payé… zéro impôt fédéral. Entre-temps, la situation a changé de dimension : sa richesse est passée de 20 milliards à 270 milliards de dollars (au mardi 9 novembre). Certes, le succès de Tesla – mais aussi de son entreprise aérospatiale SpaceX, non cotée en Bourse – y est pour quelque chose, mais comment justifier que l’entreprise vaille 1 170 milliards de dollars, soit 330 fois ses bénéfices ? « Vous avez des actions Tesla ? Faites comme Elon Musk et vendez ! », exhorte le Wall Street Journal.

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