Joe Biden pose la première pierre de son bilan économique avec le plan d’infrastructures

Début novembre 2020, soudain, Wall Street s’envole. Ce n’est pas tant l’élection du nouveau président Joe Biden que la Bourse américaine salue, comme elle l’avait fait quatre ans plus tôt avec Donald Trump, mais la découverte de vaccins contre le Covid-19. Ainsi, les Etats-Unis vont pouvoir sortir du trou noir économique et sanitaire dans lequel ils sont tombés neuf mois plus tôt. Tout n’est pas réglé, une deuxième vague plus meurtrière que la première va arriver en janvier 2021, mais la sortie de crise est en vue.

Un an après, Wall Street s’envole de nouveau : les chiffres de l’emploi publiés vendredi 5 novembre sont rassurants, avec un taux de chômage retombé à 4,6 %, tandis que Joe Biden est parvenu à faire adopter définitivement par la Chambre des représentants le plan infrastructures, voté cet été au Sénat par 50 démocrates et 19 républicains. Réduit à 1 200 milliards de dollars (1 040 milliards d’euros), ce projet, que M. Trump n’avait pas su mener à bien, ne comprend que 580 milliards de financements nouveaux. Il a été vidé de l’essentiel de son volet climatique et de sa contrepartie financière, la hausse de l’impôt sur les sociétés et sur les plus hauts revenus, condition sine qua non d’un vote républicain.

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Ce plan est un mélange de mesures jugées indispensables : 110 milliards pour la réfection des routes et des ponts, 66 pour les chemins de fer, 40 pour les transports en commun. Soixante-cinq milliards de dollars seront consacrés à l’accès au haut débit, avec une aide de 30 dollars par mois aux ménages à faible revenu pour payer le service Internet. Le réseau électrique va recevoir 65 milliards de dollars, tandis que 50 milliards serviront à rendre les infrastructures plus résistantes aux cyberattaques et aux catastrophes naturelles et climatiques.

Une double stratégie

Lorsqu’il arrive à la Maison Blanche en janvier 2021, Joe Biden veut pousser son avantage pour transformer l’économie. C’est d’autant plus envisageable qu’il a eu, au début du mois, une divine surprise avec la victoire de deux démocrates aux élections sénatoriales de Georgie, qui lui permettent de contrôler le Sénat.

Le nouveau président américain satisfait immédiatement ses alliés étrangers en retournant dans l’accord de Paris sur le climat tout en faisant voter un plan massif de soutien à l’économie, de 1 900 milliards de dollars (8,5 % du PIB), qui rétablit les allocations-chômage fédérales et envoie un chèque fiscal aux ménages américains. Quelques voix font entendre leurs réticences sur cette initiative jugée à contretemps, alors que l’économie rebondit déjà, tel l’ancien secrétaire au Trésor, Larry Summers. Il s’inquiète des tensions inflationnistes, l’histoire montrant que la banque centrale a, dans ce cas, le plus grand mal à piloter un atterrissage en douceur de l’économie : risquer une récession alors que l’économie repart en flèche ?

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